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Gringolandia

Publié le 17/06/2012 à 19:12 dans Colombie, Cartagena
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Du 23 au 30 mai.

Si c'est ainsi que l'on dénomme le quartier des hôtels et restaurants dans la partie moderne de Quito, le terme semble encore plus approprié ici, à Carthagène. La "joya del Caribe", comme la surnomme les colombiens eux-mêmes, parait être en effet le lieu le plus touristique du pays. Un tourisme type "côte d'azur", avec les poches remplies de dollars qui donnent le tourni aux commercants et aux locaux. Tout y est plus cher que dans le reste de la Colombie, et l'acceuil ouvert et jovial de la population ne change rien à cette impression d'être pris pour des vaches à lait. Après Cusco, c'est la seconde cité qui nous renvoie cette image, pas forcément celle que l'on gardera du pays. En réalité, tout dépend de ce que l'on recherche, mais on vient plutôt à Carthagène pour y faire la fête, trouver un partenaire d'un soir ou plus, voire, se montrer. Alors, évidemment, le lieu est chargé d'histoire, de Pedro de Heredia, le fondateur, à Bolivar, el libertador, en passant par Francis Drake le pirate...et l'histoire y a laissé de belles traces. La vieille ville est magnifique, petites places ombragées et anciennes demeures coloniales protégées par d'épaisses murailles qui surveillent la mer. Il y a encore une âme, celle des vendeurs de rue et des vieux coiffeurs, celle des descendants d'esclaves africains, déplacés par centaines de milliers, et qui ont imprimé leur culture à la gastronomie, la langue, bref leur manière de vivre ! Ces derniers côtoient dans une étrange proximité les boutiques et hôtels de luxe hyper climatisés, où vient flâner la "farandula" colombienne. L'autre similitude avec Cusco, c'est l'omniprésence de la drogue. Ça va avec l'affluence touristique, à chaque coin de rue, on propose de la blanche ou de la verte, mais avec un grand sourire cette fois. Le climat est lourd, étouffant le jour comme la nuit, et l'argument de vente des hôtels est la présence de l'air conditionné, ou au moins d'un ventilo : in-dis-pen-sable ! A Gringolandia, le moindre mouvement se transforme en une suée, et laver les fringues ne sert plus à rien. On devient de vrais colombiens !

Nous fuyons alors la pesanteur de la ville en nous embarquant à bord d'un genre de mini love-boat, sans piscine ! La bière et l'aguardiente y coulent à flot dès 9 heures du matin, et un animateur se charge de la joie obligatoire sur le pont, avec applaudissements commandés. On se croirait chez le Jacques Martin des tropiques ! 5 heures de trajet difficiles pour nous qui recherchions la quiétude, mais le jeu en vaut la chandelle. Arrivés à destination, sur la playa blanca de l'île de Barù, on respire. Le lieu est touristique, mais dès le moment où les embarcations quittent la plage, la densité de touristes devient franchement plus supportable. Un vrai paradis. Une longue plage de sable, quelques récifs coraliens pour l'observation de poissons multicolores, des cabanes rustiques sur pilotis pour dormir face à la mer...Le soleil tape fort, et l'eau chaude et cristalline n'est pas suffisante pour rafraichir nos lourdes jambes engourdies par la chaleur. Le sable est blanc et doux, le vent, une tiède carresse en fin de journée, mais qui peut vite prendre un goût de tempête. On ne badine pas avec les orages ! Que demander de plus pour terminer le trajet de 9 mois ? Les vendeurs ambulants, les marcheurs de plage, parfois oppressants, amènent à portée de main tout ce dont on a besoin, et même plus : boissons, salades de fruits frais, huitres fraiches ouvertes sous nos yeux à 1000 pesitos l'unité, drogue, évidemment...un petit paradis où l'on recommande tout de même de prendre pleins de livres. C'est qu'on a vite fait le tour du monde fermé de playa blanca ! Tout y est réglé comme une horloge : l'arrivée des hordes de touristes qui se concentrent sur un bout de plage seulement (instinct grégaire de l'homme ?), leur repas, les activités, et à 15h30, tout s'arrête et se vide. Comme un jour sans fin. Mer d'huile le matin et orage tropical vers 18h...l'éternel recommencement.


Joindre les deux bouts

Publié le 14/06/2012 à 01:47 dans Colombie, Cabo de La Vela
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21 et 22 mai.

Bon instinct pour une fois. Lorsque nous quittons le parc, il pleut, et vu la noirceur du ciel, ça annonce encore une nuit agitée....D'ailleurs, l'orage nous tombe dessus sur la route. Il pleut encore des cordes, et le vieux bus rouillé qui nous transporte en direction du Vénézuela prend l'eau ! On va vraiment finir par se transformer tous les deux en grenouille...Impossible de rejoindre notre destination finale, nous nous arrêtons dans la ville de Riohacha, où les logements sont hors de prix. L'hôtel de passe, avec vente de capotes, en bordure du terminal, nous conviendra pour reprendre des forces. C'est que le chemin est loin d'être terminé. Nous nous enfonçons le lendemain dans cette région du nord-est colombien, frontalière du pays de Chavez, que l'on nomme la Guajira. Un gigantesque désert peuplé en grande majorité d'indiens Wayuu. La vie y est rude, et le regard posé sur les touristes rapelle la lointaine Bolivie. Depuis Uribia, située dans les terres, nous filons en direction de la mer, à toute vitesse dans un pick-up probablement volé, et dans lequel on entasse 19 personnes, 6 enfants, et des marchandises de toutes sortes. Des pistes du bout du monde, sans panneau, sans rien, qui se fraient un chemin à travers ces terres arides et ocres où l'air est brûlant. Une autre Colombie. Plus rugueuse. Touristique pendant un mois, en janvier, le hameau du Cabo de la Vela retrouve sa sérénité le reste de l'année. Un paradis, mais sans eau douce et sans électricité. C'est ici que les espagnols mettent le pied pour la première fois sur le continent sud-américain, confondant les dunes blanches avec la voile d'un bateau. Pratiquement le point le plus au nord du sous-continent, nous avons l'impression d'avoir joint les deux bouts. L'objectif de remonter du sud au nord par la voie terrestre est atteint, c'est ici qu'on le ressent vraiment.

Nous sommes acceuillis par un couple d'une gentillesse à toute épreuve, dans leur petit hôtel de deux chambres et quatre hamacs, le CaboMar. La maison, de bois et de bambous, est construite au bord de la mer, à 2 mètres du rivage. L'eau est chaude et cristalline, plane, et on peut marcher en ayant pied sur des centaines de mètres. On y passe notre vie, ainsi que dans les hamacs, quand on ne déguste pas une langouste ou un poisson, frais du matin. Pas grand chose à faire, l'endroit idéal pour se reposer au gré des clapotis marins. Le soir venu, nous changeons de perspective. En effet, on peut observer les orages qui éclatent au loin, de Riohacha jusqu'à Santa Marta, voire Cartagena, les mêmes que celui que nous avons vécu de l'intérieur. Ils font beaucoup moins peur d'ici, surtout que le ciel est totalement dégagé par de forts vents de terre qui poussent les terribles cumulo-nimbus ! La voie lactée à gauche, la foudre en face, les pieds dans l'eau...et dire que c'est déjà presque l'heure de partir !


«Police tropicale, sortez vos ananas !»

Publié le 12/06/2012 à 09:10 dans Colombie, Buritaca
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Du 13 au 20 mai.

Depuis Medellin, 20 heures de route pour arriver à destination. Sur le chemin, on peut observer les bidonvilles des Caraïbes entre Barranquilla et Santa Marta, où le transfert d'un terminal à l'autre (en fait une station-service où s'arrêtent les bus pour le Venezuela) se fait à l'arrière d'une moto, cheveux au vent. On passe du printemps éternel à l'été permanent, et le coup de chaud est mortel en descendant du bus climatisé.
Bienvenue au royaume de la banane, pourrait-on lire sur des encarts publicitaires d'agences de voyage. Sur la route, d'immenses exploitations déroulent leur paysage monotone. Des dizaines de milliers de bananiers, et des tonnes de fruits destinés à l'exportation. Les champs sont tellement grands que les propriétaires possèdent une flotille d'avions pour asperger les bananes d'insecticides ! Miam ! Alors, répondrons les pragmatiques, ça fait du boulot ! Oui, mais payé 20 000 pesos (8,7 euros) pour des journées harassantes de 11 heures en pleine chaleur, on peut se questionner tout de même ! Qui va continuer à manger des bananes ? Nous, on n'a pas trop le choix ici, c'est le pain ! On en mange deux ou trois fois par jour...des vertes, des jaunes, petites ou grandes, il y en a pour tous les goûts ! Frites, pochées, crues, elle se mange sous toutes les formes...
Nous nous arrêtons à Buritaca, petit village de pêcheurs au bord de la route, fréquentée par d'imposants trucks en provenance de la frontière vénézuelienne et des dépôts pétroliers. Deux kilomètres de marche plus loin qui nous en paraissent trente, 3 serpents plus tard, nous passons les portes de l'hôtel Koralia et nous rencontrons l'administrateur, José Luis, qui nous loge dans une chambre pour touristes à 400 000 pesos la première nuit. Une proposition pareille, ça ne se refuse pas ! On se promène dans le parc de l'hôtel, où les palmiers et les cocotiers de 12 mètres de haut se concurrencent. Attention la tête, c'est dur une noix de coco ! On vient ici comme volontaires pour une semaine, et c'est l'occasion de découvrir un de ces lieux enchanteurs dont regorge la côte colombienne.

Le matin, nous sommes réveillés tôt par la chaleur, mais aussi par le cri impressionnant des singes qui logent non loin de là. La nature est foisonnante, c'est un peu la jungle au bord de mer. En se baladant dans l'enceinte de l'hôtel, il est possible d'apercevoir des iguanes, creusant des trous pour pondre dans le sable ou grimpant aux arbres en se dandinant...Le coin comporte également une belle population de varans, vêtus de blanc et de noir, le parfait sac à main pour la rentrée 2012. Leur salive est un poison, heureusement non mortel, et au détour d'un cocotier, ils passent tranquillement leur chemin sous nos regards hallucinés. D'énormes timides crabes bleus peuplent aussi le lieu. Manque de pot, ou coup de bol pour eux, ils ne se mangent pas ! Sûrement pour cela qu'ils sont aussi nombreux...Pas comme les petits caïmans, qui vivent dans les eaux stagnantes juste à 100m de notre chambre. Eux sont chassés pour leur viande et leur peau, la vie est injuste. Les lézards et écureuils sont en surnombre, ces derniers toujours à la recherche d'une noisette qui ne pousse pas ici, et c'est aussi une zone de ponte de tortues marines ! Bref, une nouvelle plongée dans le monde merveilleux de la nature, mais sans la morale capitaliste de l'hélicologiste Arthus-Bertrand, ce qui nous fait des vacances ! L'hôtel possède une plage, forcément, avec une vue imprenable sur la Sierra Nevada au coucher du soleil, magique. On peut même admirer, le matin très tôt, lorsque le ciel est bien dégagé, les glaciers qui culminent à 5775 mètres depuis la plage, phénomène unique dans le monde ! Nous travaillons essentiellement à nettoyer la plage des feuilles ramenées par le río voisin, 6 heures par jour, le matin. La chaleur et le sable compliquent la tâche, mais après l'effort...de belles après-midi à profiter des hamacs, vue sur la mer, qui plus est sans trop de monde puisque nous sommes en saison basse, porque no ? Une cuisinière est même là, spécialement pour le staff (une bonne quinzaine de personnes bosse ici, plus en haute saison), et prépare de bons petits plats pour nous faire oublier nos grosses suées et notre nouveau bronzage agricole !

Après une semaine passée sans sortir de l'hôtel, nous filons à la découverte des environs. Première étape. Le parc Tayrona. Haut lieu du tourisme colombien, son nom lui vient des indiens de la Sierra Nevada. L'endroit était sacré pour eux, aujourd'hui, il l'est pour le business. Le potentiel est immense. Les montagnes se jettent directement dans la mer, créant des paysages dignes de cartes postales. Les plages sont sauvages, et la baignade protégée grâce à une petite barrière de corail. Sans elle, les vagues et les courants sont trop dangereux, comme le prouve le nombre de morts depuis 10 ans : plus de 200 noyés, principalement des touristes qui ont trop regardé Superman...Le point noir est la fréquentation, et les prix qui vont de paire. 20 000 pesos pour un hamac, 12 000 pour un riz aux légumes, le monopole des concessions privées dans le parc fait des heureux !
Le soir venu, sirotant une petite bière sur la plage, admirant le ciel étoilé, nous faisons notre première rencontre avec la police tropicale ! Énorme ! Lampe de poche dans le visage...«Bonsoir !» Comme on répond froidement, il s'autoéclaire finalement : «Policia !». Deux petits gros boudinés dans leur uniforme kaki, ils nous demandent si nous avons de l'alcool, des armes ou de la drogue. Mais oui, évidemment, j'ai caché un stinger dans mon sac à dos, blaireau ! On s'attend à ce qu'ils nous demandent de sortir nos ananas, mais non. Ils fouillent juste nos affaires, nos poches, et s'en vont plus loin, flairer la bonne affaire. Car le cancer de ce pays, c'est bien la corruption, en particulier celle de la police sur la côte qui cherche simplement à arrondir ses fins de mois en abusant de leur pouvoir avec les étrangers...pitoyable !

Bref, après baignades et réflexion, on s'embarque pour notre première nuit en hamac...Bien fatigués de la marche en milieu tropical, Morphée nous emporte rapidement la nuit tombée...pas pour très longtemps, car nous vivons, et aux premières loges s'il vous plait, l'orage le plus terrible et le plus long de notre brève existence. Si on se sent tout petit en admirant certains paysages infinis, alors là, c'est pire. On se sent ridiculement fragiles. La force des éléments est ineffable, en particulier lorsque l'on se retrouve en extérieur, sans protection, juste nous-mêmes dans notre seule condition d'êtres vivants. L'intensité orageuse est incroyable. Pendant plus de deux heures, quelque chose comme un éclair toutes les deux secondes, en moyenne ! Évidemment, le tonnerre déchire l'espace-son de tout son ample spectre, du grondement sourd qui semble être le ronron d'un félin géant, au craquement aigu et douloureux de l'impact tombé non loin de là. A cela, s'ajoute le vent, fou, tournoyant sans cesse, par rafales, et la lumière, intense, qui révèle comme dans un labo photo les ombres chinoises des cocotiers qui nous entourent...Quel spectacle ! Et quelle pluie ! Les locaux nous ont raconté le lendemain qu'ils n'avaient pas vu cela depuis longtemps, et ceux qui avaient eu la bonne idée de planter la tente se sont réveillés dans une piscine ! Belle expérience, mais la pluie (toujours elle, décidément) et l'ambiance nous poussent à partir dans des lieux plus reculés.


La chaleur enfin retrouvée

Publié le 10/06/2012 à 05:19 dans Colombie, Antioquia
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Du 10 au 12 mai.

Qui dit étapes rapides, dit nombreux trajets ! Deux jours après nos 10 heures pour arriver dans la région du café, nous la quittons pour 10 heures supplémentaires (voyager plus pour voyager plus qu'y disait !) afin de rejoindre Santa Fé de Antioquia, petit bourg proche de Medellin. On traverse l'Eje cafetero (la région cafetière) du sud au nord, passant par Pereira et Manizales, et on découvre, de jour cette fois, la fameuse région d'où provient 80% de l'or rouge. Des centaines et des centaines d'hectares de café, à perte de vue, sur de jolies collines bucoliques. On imagine la main d'œuvre nécessaire pour le ramasser...Loin de San Agustin et de ses petites exploitations, la production est avant tout quantitative. La route nous mène ensuite, sinueuse, le long du rio Cauca, le fleuve qui borde, plus en amont, l'historique Popayan et la sulfureuse Cali. Au fond de la vallée, le climat est bien plus chaud. Bananiers et palmiers remplacent le café qui se cultive plus haut, et la vie semble douce. On se balance nonchalamment dans les hamacs, bien installé à l'ombre sur le perron de la maison...A Medellin, changement de véhicule obligatoire. Le terminal de bus est moderne, très moderne, et la police a des chiens renifleurs ici. Houps ! On serre les fesses et passe entre les mailles du filet. On nous avait pourtant prévenus que les voyages étaient toujours plus ou moins risqués.

18h30, il fait nuit. Arrivée. Santa Fé de Antioquia et ses habitants croulent sous la chaleur moite d'un soir d'hiver, et nous aussi par la même occasion. On prend le temps de se dégoter un ptit hôtel pas trop cher car les prix flambent dans la région. Probablement la proximité avec la grande ville et le fait qu'une partie du show-biz et du gratin politique aime séjourner ici. Du coup, les contrastes y sont plus marqués, entre les grosses voitures clinquantes, et la présence d'indigènes qui font la manche dans les rues. Depuis notre entrée en Colombie, nous avions presque eu le temps de nous déshabituer à la pauvreté. Retrouver ce triste spectacle nous replonge dans une des réalités de ces terres lointaines...Entre ces extrêmes, la majorité de la population continue de goûter paisiblement à la vie. Le soir venu, les familles se retrouvent pour discuter sur le pas de la porte, inlassablement ouverte, latinité et chaleur obligent ! On circule principalement à moto, le plus souvent chargée d'une minette pratiquement dénudée à l'arrière. Caliente !

Après la courte visite de Santa Fé, nous filons vers notre dernière destination sud-américaine, la côte nord du pays. Comme un cadeau de fin de voyage, des vacances dans les vacances, nous avons à la fois hâte de plonger les pieds dans les eaux chaudes de la mer caraïbe, mais on commence aussi à sentir l'échéance. Le temps se contracte d'un seul coup, et on ne compte plus en mois, mais en semaines. Un bus de nuit nous emmènera là-bas, mais en attendant, profitons de découvrir Medellin.

Bien connue comme l'ancien territoire de Pablo, entendez Pablo Escobar, leader du puissant ex-cartel de Medellin, la ville est aussi réputée être la plus moderne du pays. Il faut dire que le système de transport public est hyper efficace, et l'accès aux quartiers populaires, situés en hauteur sur les collines entourant la vallée, se fait grâce à...un téléphérique ! Les mêmes qu'à Val d'Isère, il ne manque plus que les skis. Parfaits pour nos vieux corps courbaturés, nous arpentons la ville du printemps éternel sans trop d'efforts. L'intérêt urbanistique étant limité, on vient surtout ici pour les bars et les boites que nous n'aurons pas l'occasion d'écumer. On en retiendra surtout la fébrilité dans les rues, propre à toute grande ville et le climat, parfait tous les jours, ou presque, de l'année. Préparés psychlogiquement pour notre dernier grand trajet en bus, nous engloutissons une petite bière dans le quartier "in" qui présente de fortes similitudes avec Juan-les-pins, avant de rejoindre le terminal. Vamos chicos ! Vamos al tiro !


Les palmiers de Cocora

Publié le 5/06/2012 à 05:17 dans Colombie, Salento
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Du 6 au 9 mai.

Étrange de quitter San Agustin. Étrange aussi la vitesse à laquelle on s'habitue à un lieu. Tels des arbres marcheurs, à chaque fois que nous en avons l'occasion, à chaque étape un peu plus longue, nous enfonçons nos racines virtuelles dans le terreau local. Les vignes de Philippe, à San Rafael, la réserve Añihue et ses dauphins, et maintenant San Agustin, terre de café et de rencontres. On est tellement bien aussi, chez Audrey et Taïeb, que l'on repousse sans cesse l'heure du départ...jusqu'au moment fatidique où ce n'est plus un choix, mais une obligation. Il FAUT partir, continuer la route. Le dilemme perpétuel du voyage : rester dans un lieu où l'on se sent bien, tout en assumant que chaque jour qui passe est un jour en moins pour découvrir d'autres lieux...Se lever, faire un abrazo aux copains qu'on ne reverra peut être jamais, enfiler les lourdes mochilas et marcher...

Nous partons donc tardivement de la posada "El Hogar", pour atteindre Neiva, capitale du Huila, la nuit tombée. Nous passons de 1900 à 400 mètres d'altitude, en suivant la vallée du río Magdalena. L'attente au terminal de bus, coincés dans un van dont le chauffeur attend qu'il soit plein pour partir, nous achève. Pas un souffle d'air, la chaleur et l'humidité sont d'un coup intenables. Heureusement qu'on finit par décoller, vers les hauteurs voisines, jusqu'à la petite ville de Rivera. C'est là qu'Angel, un ibère exilé de sa péninsule natale, a créé de jolies piscines thermales. Un bel endroit un peu perdu, la pause parfaite pour déguster une bière dans les eaux chaudes, et recharger les batteries. Le lendemain, on trace dans la région d'Armenia, au centre du pays. Les vendeurs de billets nous garantissent un horaire, mais on se rend vite compte que le concept même n'existe pas dans le pays...du coup, avec le retard accumulé dans la journée, on rate notre correspondance à Armenia, à 10minutes près...La ville n'est pas vraiment belle, le terminal loin de tout, et avec l'usure de la journée, on finit dans un hôtel à deux pas. Tout près pour partir le lendemain, mais sordide. On arrive à dormir, et le lendemain, à la première heure, nous sommes dans le petit village de Salento, beaucoup plus agréable. L'endroit est paisible et accessible aux petits budget, et puis, tout le monde nous l'a recommandé ! Alors pourquoi hésiter ? Installés dans un joli hôtel avec hamacs, jardin et barbecue, nous respirons d'être de nouveau en altitude. Les nuits sont fraîches, parfaites pour dormir !

Le village est constitué d'une grande place arborée et d'une rue principale, sur lesquels on trouve tout ce dont on a besoin. Destination plus touristique que le sud du pays, on sent les gens plus habitués aux invasions, et plus souriants qu'à San Agustin, où les colombiens sont extrêmement gentils, mais plus rustres, tout paysan qu'ils sont. Ici, l'accueil est on ne peut plus avenant. Sans arrière-pensées commerciales, les habitants discutent facilement avec l'étranger, curieux de savoir d'où il vient et avides de partager leur histoire, leur culture...La Colombie est vraiment une destination qui relâche et qui fait du bien !

En se baladant dans les alentours de la petite cité, nous faisons une merveilleuse découverte gustative, par hasard ! Sabrina, toujours attirée par les divers étals, d’artisanat ou de nourriture, a eu le nez fin en discutant avec un vendeur de miel. Mais, au fur et à mesure de la discussion, on se rend compte que ce dernier ne produit pas n'importe quel miel : il s'agit du nectar de butineuses appelées "Angelitas". Peut être les plus petites abeilles du monde, elles ne sont pas plus grosses qu'un moucheron, ne piquent pas, et produisent un miel d'une saveur...à se damner ! Les ptits déj n'en seront que plus savoureux...Une dégustation est prévue à notre retour !

Le clou du spectacle ici, est la visite, à pied ou à cheval, de la vallée de Cocora. Après une petite balade en Jeep Willy (indispensable car la route est asphaltée sur tout le parcours...) pour rejoindre le bas de la vallée, on s'enfonce dans une végétation qui oscille entre l'alpage et la forêt humide, mais dans laquelle l’œil retient avant tout les fameux palmiers de cire, natifs de la région. Des palmiers en pleine montagne, jusqu'à 3000 mètres d'altitude ! Surprenants, ils atteignent facilement une hauteur de 50 mètres et créent un paysage unique, qui vaut vraiment le détour. Deux petites journées, et déjà, l'appel du grand nord colombien nous pousse à continuer la migration...



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...on ne sait jamais ce que l'on peut attraper ! Peut-être les 7 boules de cristal, l'Eldorado, la colère d'Inti Illapa, le dieu du ciel, du tonnerre et de la foudre...peut-être une victoire - éphémère - contre Chronos, peut-être des p'tits coins de paradis, peut-être la loose...Peut-être rien de tout cela. Mais qu'est-ce que c'est bon de pas savoir ! Allez...que la bourlingue commence !

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